Rétrospective Fritz Lang & Billy Wilder

Prochain rendez-vous :

Du 26 Décembre au 3 Janvier 2016

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Metropolis

Métro

Fritz Lang / Metropolis
All 1927 VOstf 2h33 / 35mm

Metropolis, mégalopole futuriste où les ouvriers travaillent dans la ville basse, manipulant des machines nuit et jour, dans le seul but d’assurer le bonheur des bourgeois de la ville haute. Lutte des classes et métaphysique rythment un film définitivement en avance sur son temps. L’oméga de l’expressionnisme cinématographique.

Les Bourreaux Meurent Aussi

Meurent

Fritz Lang / Hangmen Also Die !
Usa 1943 VOstf 2h15 / 35mm

Mai 1942, l’attentat contre le Reichsprotektor Heydrich déclenche de terribles représailles contre la population de Prague. Sitôt l’information connue, Fritz Lang décide de consacrer un film en hommage à la résistance tchécoslovaque. Pour l’écrire, le réalisateur de M le maudit fait appel à un autre artiste allemand antinazi exilé à Hollywood : Bertolt Brecht.

Espions sur la Tamise

Ministry

Fritz Lang / The Ministry of Fear
Usa 1944 VOstf 1h25 / 35mm

Fraîchement libéré d’un asile psychiatrique, un homme se retrouve en possession d’un gâteau que des espions Nazis ont fourré au microfilm. Belle idée que de plonger un ancien fou dans un monde de nouveaux fous. Comme cela lui arrivait souvent, Lang n’aimait pas ce film. Pourtant, l’atmosphère de cauchemar qui y règne fait de ce thriller une pièce importante de sa période américaine.

La Femme au Portrait

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Fritz Lang / The Woman in the Window
Usa 1945 VOstf 1h47 / 35mm

Après avoir un peu trop bu, Richard s’attarde devant la vitrine d’une galerie d’art pour contempler l’envoûtant portrait d’une jeune femme mystérieuse. Époustouflant de réalisme, de rigueur dans sa mise en scène, de profondeur que cachent les effets de surprise d’une intrigue bien plus complexe qu’elle ne paraît, La Femme au portrait est un chef-d’œuvre car un masque contre la censure.

Au Fil de l’Eau

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Fritz Lang / House by the River
Usa 1950 VOstf 1h28 / num.

Stephen est un écrivain sans réel succès. Profitant de l’absence de sa femme partie à la campagne, il tente d’abuser de la jeune bonne. Un drame où Fritz Lang réexamine nombre de ses obsessions comme la frustration, l’ambition, la culpabilité, les origines du mal…

L’Ange des Maudits

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Fritz Lang / Rancho Notorious
Usa 1952 VOstf 1h29 / 35mm

Un jeune rancher apprend le viol et l’assassinat de sa fiancée pendant qu’il rassemblait ses bêtes. Le caractère exemplaire du film réside surtout dans l’habileté avec laquelle Lang a intégré ses obsessions (l’ambiguïté du bien et du mal, l’opposition entre le visible et le caché) et sa vision européenne des codes du western.

La Femme au Gardénia

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Fritz Lang / The Blue Gardenia
Usa 1953 VOstf 1h30 / 35mm

Standardiste, Norah, à la suite d’une déception amoureuse, accepte l’invitation d’Harry, un portraitiste frivole. L’amour de Lang à nous concocter des espaces clos sied parfaitement bien au concept du Blackout. L’héroïne se trouvant enfermé dans l’ambiguïté d’images vraies mais dont elle doute, emportant le spectateur avec elle.

Les Contrebandiers de Moonfleet

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Fritz Lang / Moonfleet
Usa 1957 VOstf 1h27 / 35mm

18ème, cotes anglaises John, orphelin de 10 ans, arrive à Moonfleet avec une lettre de recommandation de sa mère défunte pour un certain Jeremy Fox, gentleman libertin, cynique et sans scrupules. Lang, qui avoue s’être inspiré des tableaux de Hogarth, joue de cette artificialité pour créer un climat onirique et envoûtant. L’enfant sert la thématique chère à Lang, qui oppose l’innocence à la perversion.

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Assurance sur la Mort

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Billy Wilder / Double Indemnity
Usa 1944 VOstf 1h47 / 35mm

Walter, un courtier en assurance peu scrupuleux, s’amourache d’une femme fatale qui le manipule et le persuade de tuer son mari afin de toucher sa police d’assurance. Dans Assurance sur la mort, le spectateur n’est plus policier mais criminel. Il prépare le crime, il le commet, il se félicite de sa perfection, puis il tremble d’être découvert.

La Scandaleuse de Berlin

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Billy Wilder / A Foreign Affair
Usa 1948 VOstf 1h56 / 35mm

Phoebe est envoyée à Berlin pour enquêter sur la moralité des troupes US d’occupation. Elle découvre le marché noir et les relations prohibées entre soldats et Allemandes. C’est avec un air narquois (le même que celui que Billy Wilder jette sur l’humanité) que Dietrich chante “Black Market” dans un cabaret rempli de GI. Mais, derrière la comédie très insolente, il y a le naturalisme des plans de Berlin, en ruine, d’une profonde gravité.

Boulevard du Crépuscule

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Billy Wilder / Sunset Boulevard
Usa 1950 VOstf 1h50 / Num.

Le corps de Joe Gillis est découvert par la police dans la piscine de Norma Desmond, une ancienne gloire du cinéma muet. Miroir du cinéma, de ses splendeurs pitoyables et de ses rêves cruels, Boulevard du crépuscule peut être vu, détaché de son auteur et du reste de son œuvre, comme un film unique et parfait.

Le Gouffre aux Chimères

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Billy Wilder / Ace in the Hole
Usa 1951 Vf 1h51 / 35mm

Afin de relancer sa carrière, Charles Tatum, journaliste frustré de travailler pour une feuille de chou locale, exploite l’histoire d’un homme piégé sous terre. Le Gouffre aux chimères donne une dimension spectaculaire à la critique du barouf médiatique. Tout en décrivant les news de son époque, Billy Wilder anticipe un débat d’avenir : le rôle clé de l’image dans les médias.

Sept Ans de Réflexion

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Billy Wilder / The Seven Year Itch
Usa 1955 VOstf 1h45 / 35mm

Richard, publiciste, dépose sa femme et son fils à la gare. Il prévoit de rester seul pour les vacances d’été dans son appartement new-yorkais. Avec ce personnage, symbole des obsessions sexuelles et de la frustration du mâle américain, Wilder se moquait d’une Amérique qui découvrait la sexualité dans les pages du rapport Kinsey. La satire a un peu vieilli, mais le film non : drôle, grinçant et burlesque.

Ariane

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Billy Wilder / Love in the Afternoon
Usa 1957 VOstf 2h09 / 35mm

Un homme fortuné engage un détective privé, pour surveiller Frank Flannagan, un homme d’affaires qu’il soupçonne être l’amant de sa femme. Après avoir “tourné autour du pot” pendant six films, Wilder pose enfin la question qui donne son unité à toute son œuvre : pourquoi parler d’amour ? Parce qu’il détient le pouvoir de transformer les êtres et de les révéler à eux-mêmes.

L’Odyssée de Charles Lindbergh

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Billy Wilder / The Spirit of Saint Louis
Usa 1957 VOstf 2h15 / 35mm

1927, l’aviateur Charles Lindbergh tente un vol historique en solitaire à bord de son avion «The Spirit of St Louis» reliant Long Island à Paris. Un événement historique qui nous est présenté presque en temps réel, comme une retransmission en direct. Wilder exprime sa passion pour le récit journalistique, qui peut évoluer vers la fable.

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Schizophrénia

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Gerald Kargl / Angst
Autriche 1983 Vf 2h15 / 35mm

Un homme est libéré de prison après avoir purgé une longue peine pour meurtre. Errant dans la ville, il n’a qu’ une seule idée en tête : tuer à nouveau ! Inspiré d’un fait réel, Angst est une expérimentation filmique aussi extrême par sa forme que son contenu. Une mise en scène, magistralement maîtrisée, s’empare proprement du spectateur, l’entraînant inexorablement dans ce voyage au bout de la folie.

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Festival #6 2015

Vendredi 23 Octobre  / Les Cinéastes

Sous-Sols

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Ulrich Seidl

Autriche 2015 VOstf 1h22 / DCP

C’est un film qui parle des gens et des caves, et de ce que les gens font dans leurs caves. C’est un film sur les obsessions. C’est un film sur une fanfare et les airs d’opéra, sur les meubles qui coûtent cher et les blagues désuètes, sur la sexualité et les salles de tir, sur la santé et le nazisme, sur les fouets et les poupées. Après une brillante parenthèse dans la fiction avec Dog Days, Import/Export ou la trilogie Paradis, Ulrich Seidl revient à ses premières amours, le cinéma documentaire, avec son approche très singulière du médium et ses tableaux vivants où chaque détail est arrangé méticuleusement. Plongée dans l’Autriche secrète avec une galerie de grotesques que n’auraient reniée ni Sherwood Anderson ni Diane Arbus, cet exercice brillant, souvent tragicomique, bénéficie d’un montage d’une musicalité hypnotique. Maxime Lachaud.

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Du samedi 24 octobre au 1er Novembre / Le Ciné Poche

The Savage Eye

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Maddow, Meyers et Strick
Usa 1960 VOstf 1h08 / 35mm

Judith débarque à l’aéroport de Los Angeles. Une voix l’accoste, c’est le narrateur. Ensemble, ils traversent la ville, en s’enfonçant toujours plus loin dans les sept cercles de l’enfer. The Savage Eye, à mi-chemin entre le cinéma vérité et l’étude formelle, pratique une incision dans la société américaine des fifties à travers l’exploration psychique d’une femme dévastée par son divorce.

J’ai avorté M. le Procureur

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Étude de Houwer / Schröder
Allemagne 1971 Vf 1h23 / 35mm

À travers neuf portraits de femmes ayant recours à l’avortement, ce film « dépeint le caractère monstrueux que révèlent souvent ces pratiques barbares ». À la fin des années 60, l’Allemagne produit de nombreux films d’éducation sexuelle (ou Aufklärungsfilme) qui, derrière l’étiquette du documentaire pédagogique racoleur, permettent d’aller un peu plus loin dans l’érotisme et l’image choc.

Chaleurs Intimes

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Andrée Marchand
Fce 1976 Vf 1h27 / 35mm

A l’émission de radio À cœur Ouvert, Odette entend le témoignage bouleversant de son mari qu’elle avait quitté car il ne parvenait pas à la satisfaire. Drame de l’impuissance virile, où la musique envahissante , les décors kitsch, les dialogues ampoulés, la conviction appuyée et le ridicule des acteurs ne nous sont pas épargnés. Sensé être un mélo porno, à défaut d’émouvoir, l’excès fait rire.

Si Paris l’avait Su !

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Terence Fisher
GB 1950 VOstf 1h21 / 35mm

Une jeune anglaise et son frère arrivent à Paris pour visiter l’Exposition Universelle de 1889. Le lendemain de leur installation à l’hôtel, le frère a disparu. Tous prétendent que la jeune fille est arrivée seule. Avant de devenir le cinéaste phare de la Hammer, Fisher nous livre un film redoutable d’efficacité et de malice où le rationalisme britannique est opposé à la fourberie des Français.

Zabriskie Point

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Michelangelo Antonioni
Italie-Usa 1970 VOstf 1h45 / 35mm

Los Angeles, années 60. Travellings furieux sur les enseignes, le paysage urbain mangé par la pub, les gondoles de supermarché noyant le client. Mark fuit un piquet de grève étudiante qui tourne à l’assaut policier. Dans un film désillusionné et violent, Antonioni dénonce l’individualisme bourgeois et la société de consommation. Une splendeur en Cinémascope, un opéra contemporain.

Victor Victoria

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Blake Edwards
GB-Usa 1982 VOstf 2h12 / 35mm

Après une audition ratée, Victoria, qui a pourtant une superbe voix d’opéra, erre, affamée, dans le Paris des années 30. Elle décide de s’offrir un repas luxueux et, pour échapper à l’addition, glisse un cafard dans la salade. À la fois comédie burlesque, film musical et ébauche d’intrigue policière, cette œuvre séduit toujours par son ambivalence entre un certain classicisme et une extrême modernité.

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VOYAGE DANS LE TEMPS

Conférence Dr Leclercq :

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Les tactiques du tic-tac . Saint Augustin, dans ses Confessions, s’interroge. « Qu’est-ce donc que le temps? Si personne ne m’interroge, je le sais ; si je veux répondre à cette demande, je l’ignore. » Plus tard, Newton, puis Einstein et Pascal Obispo ont tenté de lui répondre. Mais quels sont les consensus actuels sur le temps ? La SF peut-elle inspirer la science ? Et le temps n’est-il vraiment que de l’amour ?

La Machine à Explorer le Temps

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George Pal
Usa 1960 VOstf 1h43 / 35mm

1er janvier 1900, George apparaît fatigué et sale au milieu du groupe d’amis qu’il a convié. Il revient d’un voyage effectué à travers le temps. Avant que Marty McFly emprunte la DeLorean, qu’un cyborg du futur traque Sarah Connor, et que le Docteur affronte les Daleks… Il y avait George. Retour sur la première adaptation cinématographique du célèbre roman de H.G. Wells.

Timecrimes

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Nacho Vigalondo
Espagne 2007 VOstf 1h32 / Num.

Un homme fait accidentellement un voyage dans le temps et se retrouve confronté à lui-même une heure auparavant. Comédie fantastique sous forme de casse-tête ludique, le premier long de Nacho Vigalondo promène son public au milieu des paradoxes temporels où un homme des plus banals et au quotidien des plus ordinaires, se retrouve dans une situation paranoïaque inextricable.

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Les Démons de la Liberté

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Jules Dassin
Usa 1947 VOstf 1h38 / 35mm

Le pénitencier de Westgate, surpeuplé, est un lieu sur lequel la violence et la peur étendent leur empire. Ici, les surveillants sont démunis et débordés face à la rage de certains prisonniers. Bien que définis par le genre « film de prison », Les Démons de la liberté surprend comme une oeuvre inclassable, mélangeant l’expressionnisme du film noir et l’emphase du film politique.

Les Forbans de la Nuit

Richard WIDMARK

Jules Dassin
GB 1950 VOstf 1h41 / 35mm

Suite à la rencontre de Gregorius, un champion de lutte, Harry décide d’organiser des combats. Ce dernier utilise toujours des combines louches pour mener à bien ses projets. Dassin dévoile, sans aucun romantisme, un pessimisme fondamental sombre et sans espoir sur les vertus de l’homme, toujours prêt à trahir comme il aura pu l’expérimenter lui-même à cette période noire du maccarthysme.

Super Inframan

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Shan Hua
Hong Kong 1975 Vf 1h28 / 35mm

Des créatures abominables sont envoyées dans notre monde par une reine maléfique. Pour contrer cette menace, un professeur transforme l’un de ses assistants en Super Inframan. Quand les Shaw Brothers tentent de concurrencer les super héros japonais, on obtient un super nanar : décors et costumes kitsch et ridicules, acteurs en roue libre, scénario dingue et effets spéciaux d’un autre monde.

On Achève Bien les Chevaux

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Sydney Pollack
Usa 1969 VOstf 2h09 / 35mm

Usa 1932 : La grande dépression. Robert et Gloria, poussés par le chômage et la misère, décident de participer à un marathon de la danse. Sorte d’ancêtre des reality-shows, ou descendants des combats de gladiateurs, ces barnums ignobles fonctionnaient sur l’exploitation de la misère, la compétition féroce entre individus et le spectacle de la déchéance humaine.

Koyaanisqatsi

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Godfrey Reggio
Usa 1982 VOstf 1h26 / Num.

Ou La Vie tumultueuse , en langage Hopi. Ce film ne réinvente pas le cinéma, Vertov et Pelechian sont déjà passés par là. Il ne s’agit pas non plus d’une ode écologique ou alter mondialiste : ici, la machine rutilante qu’est l’humanité dévore autant qu’elle suscite l’admiration. Reggio nous propose juste d’adopter le point de vue atemporel des instances qui nous gouvernent, souligné par la musique de Glass.

La Règle du Jeu

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Jean Renoir
Fce 1939 Vf 1h50 / 35mm

Le marquis de La Chesnaye organise une partie de chasse sur ses terres en Sologne. Il convie ses amis fortunés dans son château pour le week-end. Référencé comme un des plus grands films de l’histoire du cinéma, La règle du Jeu procure un plaisir des sens immédiat avant de fournir son lot de richesses thématiques et un sentiment diffus d’éternité grâce à son mélange de comédie et de tragédie.

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ENTRE PÈRE ET FILS

Il était un Père

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Yasujirô Ozu

Japon 1942 VOstf 1h34 / 35mm

Un enseignant, veuf, vit seul avec son fils unique. Lors d’un voyage scolaire, un accident survient, provoquant la mort d’un de ses élèves. Quand la vie simple de gens ordinaires débouche sur une poésie brillante, vibrante, partant du quotidien et tendue vers l’humanité. Un film sur le rapport filial où presque rien n’est dit et où pourtant tout est montré. Discret et précieux, un film aux échos infinis.

Le Territoire des Démons

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Kenji Misumi
Japon 1973 VOstf 1h39 / 35mm

Baby Cart 5, opus à l’idéologie extrême, marque la dernière contribution de Kenji Misumi à la saga du loup solitaire et de son enfant. La conception patriarcale et féodale de la société japonaise est ici l’unique rempart à la désagrégation de la nation et à sa contamination par des valeurs mensongères et décadentes. Itto Ogami, le loup solitaire, se présente comme le garant d’une justice divine absolue.

X-Tro

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Harry B. Davenport
GB / Usa 1982 Vf 1h21 / 35mm

Après trois ans d’absence, Sam, réapparaît mystérieusement. Sa femme, entre-temps, a refait sa vie. Les retrouvailles sont délicates d’autant que Sam apparaît changé et qu’il exerce une influence inquiétante sur son fils. Avec son budget ridicule, ces décors étriqués et sa photographie minimaliste, Harry B. Davenport a réalisé contre toute attente un film inquiétant, étrange et surprenant.

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LES HORAIRES

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Invasion … Du 27 Juin au 5 juillet 2015

INVASION EXTRATERRESTRE

Mars Attack !

Mars

Tim Burton / Usa 1996 VOstf 1h46 / 35mm

D’immondes Martiens, aux yeux globuleux et au crâne énorme, débarquent subitement sur la planète Terre. Avec son talent de coloriste-graphiste-plasticien, Burton, nous offre une parodie loufoque et mordante des séries B de science-fiction des années 1950.

Invasion Los Angeles

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John Carpenter / Usa 1988 VOstf 1h34 / 35mm

Sans emploi, John Nada traverse l’Amérique en quête d’un boulot pour échouer à Los Angeles. Là, il va découvrir un étonnant trafic de lunettes. Dégoûté des majors hollywoodiennes, Carpenter déverse sa hargne – et sa haine des puissants – dans cette petite série B imaginative et sacrément maîtrisée. Un véritable pamphlet nihiliste.

FILM DE PROPAGANDE ?

Starship Troopers

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Paul Verhoeven / Usa 1997 VOstf 2h09 / 35mm

La Fédération fait régner sur la Terre l’ordre et la vertu, exhortant la jeunesse à la lutte, au devoir et à l’abnégation. Aux confins de la galaxie, une armée d’arachnides se dresse contre eux. Une partie de la presse jugea ce film dangereusement ambigu, fascisant… Parlons plutôt d’une farce corrosive et perverse.

Alexandre Nevski

Prince Alexander Nevsky marshals his Russian peasant troops to victory over the invading German hordes at Lake Peipus in 1242, in a scene from the 1938 movie classic Alexander Nevsky.Photo of Corinth Films, Inc.

Sergei M. Eisenstein / Urss 1938 VOstf 1h59 / 35mm

En 1938, les relations entre l’Union soviétique et l’Allemagne nazie étaient tendues. Eisenstein fut chargé d’exalter, le sentiment national à travers un héros très populaire… Alexandre Nevski est une œuvre de propagande qui nous bouleverse par la beauté de sa mise en scène sublimée par les symphonies de Prokofiev.

INVASION BARBARE

Mad Max 2

max

George Miller / Australie 1981 VOstf 1h37 / 35mm

Dans un futur non défini, les réserves de pétrole sont épuisées et la violence règne sur le monde. Minimaliste ? Mad Max 2 évacue en une seule séquence tout le background d’un personnage devenu archétypal. Baignant dans une ambiance de totale dégénérescence, George Miller redéfinit la notion de barbarie.

Conan le Barbare

conan

John Milius / Usa 1982 VF 2h09 / 35mm

Enfant, Conan assiste au massacre de ses parents par le cruel Thulsa Doom, puis est réduit en esclavage. Primaire et brutal, traité comme une biographie et non pas comme un simple film d’action, Milius et O. Stone ont donné au genre un film encore jamais égalé !

CONTAMINATION

Kaïro

kairo-eyes

Kiyoshi Kurosawa / Japon 2001 VOstf 1h58 / 35mm

Un jeune informaticien, est retrouvé pendu dans son appartement. Ses collègues cherchent à en savoir plus sur ce suicide inexplicable. L’inquiétante étrangeté chez Kurosawa passe par le traitement théâtral et imagé des fantômes, dont la gestuelle semble échappée d’une toile de Bacon. Entre ultra réalisme et surnaturel poétique.

L’Exorciste

l'exorciste

William Friedkin / Usa 1973 VF 2h02 / 35mm

Chris MacNeil, découvre que sa fille est victime de troubles du sommeil, d’agitations fréquentes et qu‘elle devient de plus en plus violente envers son entourage. Le démon a un visage : celui d’une fillette de 13 ans. Difficile de faire plus pictural et osé que cette image. Ainsi se construisent les mythes du Fantastique.

INVASION ETHNIQUE

Les Négriers

Goodbye Uncle Tom 2

Jacopetti et Prosperi / Italie 1971 VF 2h08 / 35mm

Les réalisateurs quittent les années 70 et font un bond dans le temps pour revenir à l’époque de l’esclavagisme. Tourné en Haïti, sous le régime du dictateur Duvalier et sous la forme d’un docu– fiction, Les Négriers restera la quintessence du cinéma d’exploitation transalpin, un film de fièvre et de démence.

Les Nains aussi ont Commencé Petits

les nains

Werner Herzog / Allemagne 1970 VOstf 1h36 / Num.

Dans une maison de redressement pour nains, les pensionnaires se révoltent. Troisième long métrage du cinéaste, ce film est celui qui a fait le plus pour la réputation souterraine de son auteur : un Herzog à demi-fou, spécialiste des entreprises les plus extravagantes.

JEUNE PUBLIC

Megamind

megamind

Tom McGrath / Usa 2010 VF 1h35 / 35mm

Megamind essaie par tous les moyens de conquérir Metro City. En vain : chacune de ses tentatives est mise en échec par l’invincible Metro Man, et tourne à la farce. La méchanceté est-elle le fruit de la génétique ou du hasard ? Et le mal peut-il exister sans le bien ?

Sa Majesté des Mouches

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Peter Brook / GB 1963 VOstf 1h32 / 35mm

Un avion transportant des écoliers britanniques s’écrase sur une île tropicale. Ravis d’être libres, les enfants élisent un chef mais très vite, leur petite société dégénère…Pas besoin de gratter très fort le vernis d’une bonne éducation british pour voir revenir la bestialité. Peter Brook s’est jeté dans cette forêt d’images fortes qui prennent à contre-pied le mythe du bon sauvage.

REMAKE

Body Snatchers

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Abel Ferrara / Usa1993 VOstf 1h27 / 35mm

La famille Malone, dont le chef est un scientifique travaillant pour l’armée, s’installe sur une base militaire, en Alabama. De curieux phénomènes se produisent alors, comme si les habitants étaient possédés par une force… Avec un sadisme consommé, Ferrara va s’employer à détruire cette bonne famille américaine.

La Petite Boutique des Horreurs

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Frank Oz / Usa 1986 VOstf 1h30 / 35mm

Seymour, timide et gauche, est un petit employé d’un fleuriste dans un quartier misérable de New York. Remake de Corman, ce film, devenu culte, est une comédie musicale horrifique dont le postulat initial est l’invasion de la terre par une plante extra-terrestre.

HOME’S INVASION

Les Chiens de Paille

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Sam Peckinpah / GB-Usa 1971 VOstf 1h58 / 35mm

David, jeune mathématicien américain, vient habiter avec sa femme dans l’arrière-pays anglais pour se concentrer sur ses recherches. Les Chiens de paille se retrouvent finalement dans une simple phrase de Sam Peckinpah : « L’homme n’est, en fin de compte, qu’un animal de plus, affamé et plein de haine. »

Henry, Portrait d’un tueur en série

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John McNaughton / Usa 1986 VOstf 1h19 / Num.

Travailleur en apparence normal, Henry sème la mort sur son passage avant de rentrer le soir et boire une bière. McNaughton suit le rythme d’une chronique réaliste et décompose la figure du tueur mythologique. Mais le film se heurte à son point aveugle, ce qui le rend à la fois si terrifiant et vertigineux : Henry est indéchiffrable.

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LA NUIT BESTIALE / samedi 4 juillet

singe+lézard+sanglier+homard+r’quin= 7 €

22h30 : King Kong contre Godzilla

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Inoshiro Honda / Japon 1962 VF 1h58 / 35mm

Alors que Godzilla se dirige vers Tokyo, une expédition découvre l’île de Faro ou réside King Kong… Film totalement improbable, au scénario on ne peut plus crétin et mettant en scène deux des monstres géants les plus craignos !

01h : Razorback

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Russell Mulcahy / Australie 1984 VOstf 1h35 / 35mm

Razorback se déroule chez les rednecks australiens qui, perdus au beau milieu d’un désert, vivent de l’abattage des kangourous avec pour seul ennemi les sangliers. Comme beaucoup de films réalisés avec les tripes (Evil Dead, Massacre à la Tronçonneuse), Razorback est difficilement classable : Intemporel et toujours aussi fascinant.

03h : L’Invasion Martienne

martienne

Tom Graeff / Usa 1959 VOstf 1h26 / Num.

Une poignée d’extraterrestres décide de coloniser notre planète, aidés par un Gorgon ( sorte de crustacé mutant ). Quelque part entre l’amateurisme passionné d’un Ed Wood et la maîtrise budgétaire d’un Roger Corman, voici Tom Graeff, un authentique artiste maudit!

05h : Avalanche Sharks

sharks

Scott Wheeler / Canada 2013 VOstf 1h22 / Num.

Snowboard, alcool et sexe au programme pour une bande d’amis. Mais, libérée par une explosion sensée éviter les risques d’avalanche, une menace terrible surgit… Les Dents de la Neige ! Que dire de plus ? Bah, des acteurs au charisme de mollusque, des dialogues surréalistes et des effets spéciaux qui piquent les yeux !

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THE DEADLY STINGS / vendredi 3 juillet

Présentent :

The Rocky Horror Picture Show / 20h

The Rocky Horror Picture Show - Wallpaper #1

Jim Sharman / Usa 1976 VOstf 1h40 / Num.

Une nuit d’orage, la voiture de Janet et Brad, un couple coincé qui vient de se fiancer, tombe en panne. Obligés de se réfugier dans un mystérieux château, ils vont faire la rencontre de ses occupants pour le moins bizarres… Cette Ode musicale et joyeusement déjantée aux films d’horreur et de série B. sera animée par la troupe du cinéma parisien le Studio Galande.                                                                                              La Séance : 8 €

Place en vente au ciné poche à partir du samedi 27 juin

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CONFÉRENCE DR. LECLERCQ / Dimanche 5 juillet à 17h30

Présente :

Recherche d’une intelligence extraterrestre : une bouteille à la mer interstellaire

DrLeclercq

Sommes-nous seuls dans l’Univers ? Depuis la fin des années 50, les scientifiques cherchent la réponse à cette grande question. La conférence, à travers les prismes de la science et de la science-fiction, parlera de cette recherche d’une autre intelligence dans notre galaxie par le programme SETI : de la peur qu’elle suscite depuis La guerre des Mondes, de la curiosité enfantine qu’elle procure depuis E.T. et aussi des oeuvres diverses qu’elle a engendrées, depuis L’invasion des profanateurs de sépulture jusqu’à Independence Day 2.                                                                                                     Gratuit

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HORAIRES

Horaires

Festival 5# 2014

Festival # 5

Vendredi 24 Octobre Au Dimanche 2 Novembre 2014

 

Alleluia

Fabrice Du Welz
Belgique 2014 Vf 1h35 Dcp

En Avant-première, vendredi 24 octobre à 21h, Aux Cinéastes.

Alleluia

Porté par un magnifique duo composé de Laurent Lucas et Lola Dueñas, tous deux poussés dans leurs derniers retranchements pour donner du corps à cette passion destructrice à sens unique, chronique amoureuse tellement en marge qu’elle est naturellement salutaire, le nouveau film de Fabrice Du Welz ne caresse pas le spectateur dans le sens du poil, transpire la fureur et le sang, part parfois dans tous les sens, mais reste une expérience de cinéma jusqu’au-boutiste, d’une liberté totale.

The Honeymoon Killers

Leonard Kastle
Usa 1970 Vostf 1h47 35mm

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D’après un fait divers réel, de Ray Fernandez et Marcha Beck, amants criminels qui suppriment les candidates au mariage un peu mûres mais riches. Pendant leur détention, ils ne cesseront d’échanger une correspondance amoureuse jusqu’à leur exécution.

Unique film écrit et réalisé par Leonard Kastle : une œuvre mythique. Autant drame psychologique que film néo-réaliste, autant film noir que film expérimental, il ne franchit néanmoins jamais la frontière esthétique – vers laquelle il semble souvent s’approcher – du cinéma fantastique. Et encore… peut-être la franchit-il parfois sinon même tout du long. On reste à son sujet, même après de multiples visions, dans le doute le plus fondamental.

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Le Narcisse Noir

Michael Powell, Emeric Pressburger
GB 1947 Vostf 1h40 35mm

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Cinq nonnes de Calcutta doivent créer une mission dans un palais désaffecté, dans l’Himalaya. Sœur Clodagh dirige l’expédition et se heurte à Dean, Britannique au franc-parler et aux mœurs dissolues.

Œuvre atypique, décisive pour la génération de Coppola et de Scorsese, essentielle pour l’histoire du Technicolor, il s’agit de l’un des films les plus aimés et les plus commentés du cinéma classique. L’art de la mise en scène touche ici au mystère de l’extase à travers la flamboyance des décors et l’ivresse de la musique. Magnifiée par la grâce fébrile de Deborah Kerr, l’histoire confronte le désir et l’interdit avec une audace extrême.

Le Couvent de la Bête Sacrée

Norifumi Suzuki
Japon 1974 Vostf 1h28 Num.

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Yumi Takigawa incarne Mayumi, une jeune femme qui rentre dans un couvent pour enquêter sur le décès de sa mère. Sitôt arrivée, Mayumi perturbe l’ordre établi avec une attitude frisant l’hérésie…

Si Yumi Takigawa est pour beaucoup dans l’attrait de ce film érotique remarquable, qui emprunte aux westerns une trame classique de vengeance, la réalisation de Suzuki en est l’autre point fort. Le Couvent de la Bête Sacrée s’impose comme un authentique travail de metteur en scène. Décadrages, sublimes compositions symétriques et jeux de perspectives sont le lot du film, et multiplient le plaisir délictueux du spectateur face à cette œuvre perverse.

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Un Autre Regard sur le Brésil

Antonio Das Mortes

Glauber Rochas
Brésil 19769 Vostf 1h40 35mm

Antonio

Rochas, génie turbulent et charismatique, disciple d’Eisenstein et de Buñuel pour le formalisme baroque et le mysticisme athée de son œuvre, réalise avec Antonio Das Mortes un hymne politique et poétique qui laisse pantelant : un mercenaire, Antonio , est chargé par un riche propriétaire d’assassiner un agitateur qui se prend pour un grand « cangaceiro » à la tête d’une bande de paysans faméliques et d’illuminés de toutes sortes. Sa tâche acquittée, il sera amené à reconsidérer le sens de ses agissements.

Ces Garçons Qui Venaient du Brésil

Franklin Schaffner
Usa/GB 1978 Vostf 2h05 35mm

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Une histoire hallucinante qui nous apprend que le fameux docteur Mengele (Gregory Peck) ayant prélevé des cellules vivantes sur Hitler les a injectées à plusieurs femmes allemandes dont les maris doivent mourir au même âge que le père du Führer pour que puissent s’épanouir des nouveaux Hitler ! Le scénario ahurissant de Heywood Gould (d’après le roman éponyme d’Ira Levin) est avant tout fondé sur des données scientifiques : les clones ! Le récit mêle très habilement la réalité à la fiction où Schaffner applique le spectaculaire sans hystérie, sans complaisance mais avec une énergie rare ! Un film haletant des seventies, aussi glacial que fascinant d’efficacité.

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Tarzan, L’Homme Singe

W.S. Van Dyke
Usa 1932 Vostf 1h39 35mm

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Genre : l’amant sauvage. « I’m gonna get savage ! », dit la jolie Jane en débarquant au cœur de l’Afrique, où son père cherche le mythique cimetière des éléphants. Elle ne croit pas si bien dire !

Tourné avant le code Hays, le film vaut d’abord par sa sensualité joyeuse, qui voit l’accorte héroïne succomber presto aux charmes du nageur Johnny Weissmuller. Singulière liberté de ton qui culmine dans de jolis marivaudages (monosyllabiques), puis un coquin batifolage aquatique. Pour le reste, Van Dyke, cinéaste injustement oublié mais intéressé par l’ethnographie, se débat avec des images animalières rescapées de son film précédent. Très vite, l’énergie du récit, l’accumulation des péripéties font oublier l’archaïsme techniqu

L’Homme Puma

Alberto de Martino
Italie 1980 Vf 1h27 35mm

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Un génie maléfique nommé Kobras veut assujettir l’humanité entière. Pour parvenir à ses fins, il se sert d’un masque d’or aux pouvoirs hypnotiques datant des Incas.

Alberto n’est pas le plus mauvais réalisateur des nanardeux italiens, il fait même preuve d’un certain professionnalisme avec des tentatives de mouvements de caméras agréables et léchés. Non, le véritable problème c’est que De Martino tourne des scénars totalement dingues, et totalement desservis par des effets spéciaux parmi les plus miteux de l’histoire du cinéma .

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Le Coup de l’Escalier

Robert Wise
Usa 1959 Vostf 1h40 35mm

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Dave Burke, un ancien policier reconverti dans le banditisme décide d’organiser le hold-up d’une banque. Il convainc deux hommes d’y participer : Slater (Robert Ryan), ancien soldat dont le sentiment d’inutilité est amplifié par la déférence de son épouse (Shelley Winters), et Ingram (Harry Belafonte), parieur divorcé et criblé de dettes.

Ce film est considéré, avec L’Ultime Razzia de Kubrick, comme le chant du cygne du film noir. Malgré sa réputation de plaidoyer antiraciste, Le Coup de l’Escalier n’est pas un film à thèse, mais une œuvre pessimiste où le racisme est une erreur ou une faiblesse parmi tant d’autres.

Le Flingueur

Mickael Winner
Usa 1972 Vostf 1h40 35mm

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Arthur Bishop est un tueur efficace et vieillissant de la Mafia. Il envisage la retraite et de transmettre son savoir au jeune Steve, dont il a assassiné le père. Mais est-ce vraiment un problème ?

Délaissant les paraboles westerniennes pour revenir à son époque, Winner retrouve Bronson pour l’un de ses meilleurs – sinon son meilleur – films. Parfaitement rythmé, dialogué à minima, d’un cynisme glaçant, Le Flingueur reste ludique, intrigant, captivant de bout en bout. Et l’approche « existentielle » adoptée par l’auteur et accentuée par la BO exceptionnelle en font quarante ans après, un véritable classique du polar noir.

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Pino Donaggio’s Soundtracks

Ne Vous Retournez Pas

Nicolas Roeg
Italie/GB 1974 Vostf 1h50 35mm

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Un couple John (Donald Sutherland) et Laura (Julie Christie) tente de se remettre péniblement de la mort de leur fille. Le mari John, qui rénove des églises, accepte une mission à Venise.

Adapté d’une nouvelle de Daphné du Maurier, Ne vous retournez pas est un grand film : la coïncidence entre le maniérisme de la mise en scène de Roeg, le caractère morbide de l’histoire et la beauté croupissante de Venise donne naissance à un magnifique thriller psychologique aux frontières du fantastique et de l’occulte.

Carrie, Au Bal du Diable

Brian De Palma
Usa 1976 Vostf 1h38 35mm

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Les vacances approchent et tous les lycéens se préparent avec entrain au grand bal de fin d’année. Tous, sauf Carrie. Élevée par une mère tyrannique et souffre-douleur de ses camarades d’école.

Du sang de la pauvre Carrie, qui découvre ses premières règles dès la séquence du générique, au sang de cochon qui la souillera en public lors du bal de fin d’année, victime d’une plaisanterie horrible, De Palma travaille le matériau le plus bassement organique et le transcende par la virtuosité de sa mise en scène. On peut déjà faire la grimace mais on conviendra que le cinéaste ne confond pas trivialité et vulgarité, que sa cruauté couve un romantisme morbide.

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Hommage à Leslie Nielsen

Planète Interdite

Fred M. Wilcox
Usa 1956 Vostf 1h38 Num.

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Au XXIIe siècle, le vaisseau spatial C 57 D se pose sur la lointaine planète Altaïr 4. Une expédition dirigée par le commandant Adams vient enquêter sur la disparition, vingt années plus tôt, du navire spatial Bellérophon et de son équipage.

Formellement parlant, ce film est un important jalon dans l’histoire du genre puisqu’il pose les bases d’une esthétique à base de vaisseaux spatiaux gigantesques aux couloirs immenses et aux puits sans fond. Autant dire que ce long-métrage a inspiré toutes les oeuvres suivantes puisque le robot Robby a assurément influencé la création de C3PO, de même que l’esthétique de la base. On retrouve également l’ambiance menaçante qui parcoure sans cesse le Alien de Ridley Scott. Quant à l’exploration spatiale, elle a fortement influencé la série Star Trek (les mêmes machines de téléportation).Véritable classique de la science-fiction, Planète interdite s’impose par son ambiance inquiétante et, aussi, par la richesse de son sous texte.

Day of the Animals

William Girdler
Usa 1977 Vostf 1h37 Num.

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Un groupe de randonneurs se retrouve en danger lorsque les animaux de la forêt deviennent agressifs, rendus fous par les rayons solaires qui traversent le trou dans la couche d’ozone.

On peut saluer ce film pour avoir tiré la sonnette d’alarme écologique très tôt, et pour être un film catastrophe post-Jaws plus qu’honorable malgré son petit budget. On notera surtout les scènes animalières, souvent drôles, et avec en vedette la mère de l’ours du film éponyme de J.J. Annaud, mais surtout la prestation magique de Leslie Nielsen: violent, violeur, et probablement l’animal le plus dangereux de tous.

Y a-t-il un Flic pour Sauver la Reine ?

David Zucker
Usa 1988 Vf 1h38 35mm

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Après un nouvel échec pour démanteler un important trafic de drogue dirigé par Ludwig, le lieutenant Frank Drebin est finalement licencié. Apprenant que Ludwig prépare un très gros coup (faire assassiner la reine d’Angleterre par un tueur téléguidé), Drebin persuade son supérieur de lui laisser une dernière chance…

Au début des années 80, Leslie Nielsen participe à la folle aventure de Y a t-il un pilote pour sauver l’avion, parodie géniale des films catastrophes à succès de la fin des années 70. En Docteur Rumack, il crève l’écran et fatigue les zygomatiques. Une star de la comédie est née. Les ZAZ – alias David Zucker, Jim Abrahams, et Jerry Zucker, réalisateurs du film, l’engagent aussitôt pour le pilote d’une série télévisée humoristique, Police Squad. Pour la première fois, Leslie Nielsen interprète le personnage qui fera sa gloire et celle de son compte en banque: l’inspecteur gaffeur Frank Drebin. De la télévision, son génie comique s’exporte au cinéma. Dès la mythique scène d’ouverture de Y-a-t-il un flic pour sauver la Reine, le ton est donné. Irrévérence, gags visuels et énormes ficelles dramatiques sont les clés du succès de la saga qui va se décliner en de nombreux épisodes.

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Opéra : Rigoletto

Carmine Gallone
Italie 1946 Vo 1h45 35mm

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D‘après l’opéra de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave, lui-même inspiré de la pièce de Victor Hugo, Le Roi s’Amuse.

Distribution :
Tito Gobbi / Rigoletto
Marcella Govoni / Gilda
Lina Pagliughi / Gilda (voix)
Mario Filippeschi / Duc de Mantua
Anna Maria Canale / Maddalena
Giulio Neri / Sparafucile

Disco : Can’t Stop The Music

Nancy Walker
Usa 1980 Vf 1h59 35mm

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Dans la grande vague des films disco, inauguré par « La Fièvre du samedi soir », Jacques Morali, créateur-producteur du groupe, s’est dit que c’était le bon moment pour lancer un véhicule apte à propulser ses Village People au firmament du succès cinématographique.

Le film se veut l’héritier de Grease ; c’est un peu raté, mais dans un sens, il est tout aussi mythique. Là où la majorité du temps la réalisatrice se montre sage, elle se lâche totalement pour les chansons, qui se voient chacune gratifiées d’une chorégraphie hallucinante… Voir la reprise de YMCA, où l’on n’avait plus vu un tel culte du corps sportif masculin depuis Leni Riefenstahl !

Cortex Ciné Concert : La Cabine

La Cabine c’est Paula (La Géométrie) et Jérôme (Crash Normal). La Cabine c’est un Moog, une boîte à rythmes, une mini guitare acoustique, un Casio et des percussions-jouets passées dans des pédales d’effets .

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Séance unique le Jeudi 30 Octobre à 21h, Double Programme :

– Hitch Project

Quatre séquences d’Alfred Hitchcock ( La corde, Vertigo, Les oiseaux, La mort aux trousses ), une bande son, un montage minimal qui révèle peut-être le secret intime de chacune de ces scènes.

– La Cabina

Antonio Mercero
Espagne 1972 Vostf 0h35 Num.

Un matin comme tous les autres, un homme ordinaire se retrouve stupidement coincé dans une cabine téléphonique. Malgré les tentatives infructueuses des passants pour essayer de l’en sortir, il demeure impossible de le libérer.

Le film, sous une apparence surréaliste, représente la paralysie dont souffrait la société espagnole de cette époque face à l’oppression dans laquelle vivait le pays, représenté par cette prison en forme de cabine téléphonique. La métaphore ne fut pas comprise par les autorités franquistes et le film fut diffusé à la télévision comme prévu, sans aucune difficulté et sans causer le moindre problème.

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Cinéma Bis

Le bis, c’est l’essence du cinéma, c’est la pulsion de mort et de sexe, l’eros et le thanatos réunis sur l’écran branlant de nos rêves. Car le bis, à l’origine, c’est des films sales dans des salles mal famées, où l’on se tripote dans le noir devant des nonnes lubriques qui se font rudoyer par des catcheurs mexicains. Le terme est né dans les années 60 pour qualifier ces films méprisés, souvent italiens, d’épouvante et d’érotisme mêlés. Ils sont rapidement devenus cultes auprès d’un public de cinéphiles déviants, férus de rock, de BD et de surréalisme… bref, adeptes de la contre-culture.

La Fureur du Dragon

Bruce Lee
Hong-Kong 1972 Vf 1h38 35mm

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Le propriétaire d’un restaurant chinois à Rome est assailli par un promoteur qui veut l’obliger à vendre son établissement. En désespoir de cause, l’aubergiste demande l’aide de Bruce Lee.

Aucun autre genre cinématographique n’aura réussi à faire vibrer autant de gens, de pays, de cultures et de sociétés différentes. Ne cherchez pas, la plus grande star de l’histoire du cinéma mondial ne se nomme ni Charlie Chaplin, ni James Dean, ni Marilyn Monroe, mais bel et bien Bruce Lee. Un Petit chinois dont les exploits martiaux auront enflammé l’imagination des spectateurs aux quatre coins du globe, qu’ils soient du fin fond du Sénegal ou des ghettos New-yorkais, des bas-fonds de Manille ou des quartiers populaire de Paris. Moins de six mois après la sortie de la Fureur du Dragon à Hong Kong, Bruce Lee meurt brusquement et entre dans la légende. En France, il faut attendre la fin de l’année 1974 pour que le film sorte enfin, provoquant une véritable folie.

Soudain… Les Monstres

Bert I. Gordon
Usa 1976 Vf 1h28 35mm

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Morgan est entraîné par deux de ses amis dans une partie de chasse qui va très vite tourner court. En effet, alors qu’il dégomme gaiement de sympathiques lapins, l’un de nos tireurs du dimanche se fait agresser par une escadrille de guêpes géantes

Entre les mains de Gordon, le travail de H.G. Wells (The food of the gods) prend donc un virage très bis. Malgré l’absurdité de certaines scènes, le jeu lamentable des acteurs et quelques effets plus que douteux, on ressort de l’expérience relativement repu. L’hémoglobine coule à flot et, mine de rien, une certaine forme de tension monte au fur et à mesure que la nature reprend ses droits.

Bourgeoise et Pute

Gérard Kikoïne
Fce 1981 Vf 1h22 35mm

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À la mort de Sandra, sa sœur jumelle, Murielle découvre le vrai caractère de sa sœur qui était avide d’aventures sexuelles. Elle endosse peu à peu sa personnalité

Le thème du double, reçoit ici un traitement fictionnel purement psychologique sinon même behavioriste. Kikoïne soigne tout autant le parcours d’une lampe-torche dans l’obscurité que la mise en abîme d’un tournage vidéo et gratifie Cathy Ménard de son plus grand rôle, tandis que Marilyne Jess ne fait guère qu’acte de présence. Le dernier film de Kikoïne où l’équilibre, entre le scénario et les recherches formelles baroques, est strictement maintenu.

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Histoires de Petits Volatiles

Le Corbeau

Henri-Georges Clouzot
Fce 1943 Vf 1h22 Num.

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Médecin d’un petit village du cœur de la France , le docteur Germain est la victime d’un corbeau, qui l’accuse d’adultère et de pratique illégale de l’avortement. Rapidement, les lettres infâmantes se multiplient et personne dans le village n’est épargné par les ragots…

Étrange destin que celui du Corbeau, chef-d’oeuvre honni de toutes parts, tant par la presse clandestine et résistante que par le pouvoir de Vichy. le film fut accusé des mêmes maux de part et d’autre : une vision dégradante et anti-française de la société de l’époque.

Le Pigeon

Mario Monicelli
Italie 1958 Vostf 1h46 35mm

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Peppe, un ancien boxeur, organise le casse de mont-de-piété, en compagnie d’un photographe au chômage, d’un petit receleur, d’un ancien jockey… Un cambrioleur à la retraite lui sert de conseiller technique

Clowns magnifiques et piteux, les personnages du Pigeon se débattent frénétiquement dans la misère d’une Italie encore en ruine. Leur maladresse de passe murailles improvisés touche au grandiose. Le réalisateur évoque tout un peuple démuni et bourdonnant. Lorsque Peppe tente se faire embaucher sur un chantier, un de ses compères le menace : « Ils te feront travailler, tu sais… »

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E.D. Distribution

Une Jeune Fille à la Dérive

Kirio Urayama
Japon 1963 Vostf 1h56 35mm

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Avec son héroïne, hôtesse de bar alcoolisée, voleuse à l’occasion, pensionnaire de maison de redressement, Urayama s’inscrit clairement dans la tradition de la nouvelle vague japonaise. Sauf qu’il ne s’attarde pas sur la dérive politique ou charnelle de son héroïne, mais s’attache plutôt à peindre les affres d’un sous-prolétariat réduit à l’indignité pour pouvoir survivre. Ce qui lui importe de filmer, c’est le système éducatif en capilotade, la télévision comme opium du peuple, le travail bel et bien prostitution, ce monde portuaire amer ni tout à fait urbain, ni vraiment rural, où la seule issue est la fuite, à pleine vitesse.

Julien Donkey Boy

Harmony Korine
Usa 1999 Vostf 1h34 35mm

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Julien Donkey Boy creuse un peu plus les folies ­ douces et dures ­ de l’Amérique déshéritée, filtrées par l’objectif du chef opérateur de Festen. Julien « tête d’âne », que l’incroyable Ewen Bremner (l’une des « tronches » de Trainspotting) hallucine autant qu’il le joue, est un jeune homme qui s’occupe d’un groupe d’aveugles et handicapés divers. Lui-même est assez perturbé pour s’adresser dans le même souffle éructant à Jésus et à Hitler. Le reste de la famille n’est pas triste : un frère sportif et semi-autiste, harcelé par le père (Werner Herzog !), un tyran domestique également capable d’écouter un vieux blues avec un masque à gaz sur la tête ; et puis Pearl, la sœur enceinte (Chloë Sevigny, emperruquée), un peu mère et un peu plus pour le pauvre Julien.

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Soirée Freaks and Geeks # 2

Le 28/10 à 19h30: Apéro/Concert suivi du film :

Mister Freedom

William Klein
Fce 1969 1h45 Vostf Num.

MISTER FREEDOM

Après la débandade idéologique de mai 68, l’évidence s’impose que la France mérite une solide correction, une vraie leçon de liberté. Héros manufacturé sur mesure pour ce genre de situations, Mister Freedom est l’homme de la situation.

Satire grinçante de l’impérialisme américain, Mr. Freedom détourne les conventions du film d’espionnage et du comic book sous les augures d’un traitement pop art irrévérencieux. Klein démystifie l’Amérique -land of the free– en exposant ses dérives totalitaires.

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Séance : 5 €
Pass 10 Films : 35 € (non nominatif)

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La Monstruosité

Actualités

Affiche A4

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Savants Fous

L’Homme Invisible

James Whale / Usa 1933 Vostf 1h21 35mm

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Un savant teste sur lui-même une formule pour se rendre invisible, mais, ne pouvant retrouver son apparence normale, il est saisi d’une folie meurtrière… Poursuivant sa galerie de monstres ambigus mis en butte à une société abrutie de bêtise et de terreur, Whale livre avec ce film une œuvre fantastique aux effets visuels aujourd’hui encore étourdissants de maîtrise et d’audace.

Aux Portes de l’Au-delà

Stuart Gordon / Usa 1986 Vf 1h26 35mm

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Le Dr. Pretorius et son assistant ont inventé une machine qui permet de stimuler le sixième sens de l’être humain. Lorsque leur expérience fonctionne, le docteur ouvre la porte à une dimension maléfique. Deuxième film réalisé par la paire Gordon-Yuzna et deuxième adaptation de Lovecraft, utilisée ici, comme tremplin à une histoire de monstre empreint de métaphores sexuelles.

Mutants

Scanners

David Cronenberg / Canada1981 Vf 1h46 35mm

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Un télépathe, rendu inapte à la vie par son don, est pris en charge par un scientifique, le Dr. Ruth, qui le forme en tant qu’agent pour retrouver d’autres médiums lâchés dans la nature… Avec cette ténébreuse histoire de frères doués de pouvoirs psychiques extraordinaires et de conspirations entre organisations pharmaceutiques rivales, Scanners marque l’aboutissement de la première période de David Cronenberg.

The Incredible Melting Man

William Sachs / Usa 1977 Vf 1h24 35mm

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Comme son titre original l’indique, le film de William Sachs s’inspire de L’homme qui rétrécit (The Incredible Schrinking Man, 1957) de Jack Arnold et raconte le tragique destin d’un astronaute victime de radiations lors d’un voyage dans l’espace, (il s’est aventuré un peu trop près des anneaux de Saturne), et qui revient sur Terre en piteux état. Tandis que sa force augmente et que naissent en lui des pulsions cannibales, son corps se désagrège morceau par morceau.

Monstres de Foire

Freaks, la Monstrueuse Parade

Tod Browning / Usa 1932 Vostf 1h05 35mm

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Dans les coulisses d’une troupe de cirque, le nain Hans délaisse sa fiancée Frieda pour la belle et grande écuyère, Cléopâtre. Celle-ci, apprenant que le nain a fait un important héritage, décide de l’épouser. Un chef-d’œuvre du septième art qui conforte, à l’instar de The Blackbird ou de The Unknown, l’étiquette de génie apposée à son géniteur.

L’Homme qui Rit

Paul Leni / Usa 1928 Muet 1h46 35mm

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En Angleterre, au XVIIe siècle, le roi Jacques II se débarrasse d’un ennemi politique et livre le jeune fils de celui-ci aux Comprachicos qui transforment les enfants en monstres dans le but de les montrer dans les foires. Paul Leni réalise son quatrième film aux Etats-Unis avec L’Homme qui rit. Cinéaste à l’apogée du cinéma muet, cet ancien décorateur de films réussit le mariage du décor théâtral et des mises en scènes animées où il conjugue comique et épouvante pour en faire l’un des derniers chefs d’œuvre de l’expressionnisme allemand.

Au Royaume des Morts

Beetlejuice

Tim Burton / Usa 1988 Vostf 1h32 35mm

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Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l’autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure, ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Tim Burton n’a jamais eu l’occasion d’exposer davantage sa fulgurance et son style unique qu’en composant avec le système D.

La Terreur des Zombies

Marino Girolami / Italie 1980 Vf 1h25 35mm

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Un individu subtilise des morceaux de cadavres dans un hôpital de New York. Le coupable est découvert et relié à une secte de cannibales, une petite équipe s’envole vers la petite île d’où il est originaire pour découvrir les mystères qu’elle dissimule. Est-il possible de marier deux genres de films, soit les films de cannibales et les films de zombies… Eh bien la réponse est malheureusement OUI !

Ils Viennent d’Ailleurs !

L’Invasion des Profanateurs de Sépultures

Don Siegel / Usa 1956 Vostf 1h20 35mm

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Des habitants d’une petite ville des États-unis sont victimes d’une étrange psychose et prétendent que des membres de leur famille ou leurs amis ont été dépossédés de leur identité… Lorsque le film sort sur les écrans en 1956, Hollywood vit une période de censure liée à la lutte contre le communisme. Ce contexte donna naissance à des interprétations farfelues, alors que Siegel dénonçait plutôt une uniformisation de la société américaine.

Plan 9 from outer Space

Ed Wood / Usa 1958 Vostf 1h19 35mm

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Des extraterrestres appliquent le plan 9 destiné à manœuvrer les terriens. Plan diabolique, il consiste à la résurrection des morts en introduisant des électrodes à longue portée stimulant la glande pinéale de cadavres récemment enterrés. Le plus mauvais film de l’histoire du cinéma, le plus grand nanar jamais réalisé, Plan 9 traîne une sacrée réputation qui ne s’est jamais démentie.

Docteur Jekyll et Mister Hyde

Âmes Perdues

Dino Risi / Italie 1976 Vostf 1h45 Num

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Tino vient habiter à Venise chez son oncle et sa tante, un couple austère, pour poursuivre ses études. Dès son arrivée, des bruits étranges à l’étage supérieur l’inquiètent… Porté par une mise en scène épurée en accord avec le sujet traité et doté d’un twist final qui fait froid dans le dos, Ames perdues est un immense film qui traite de la folie. Vittorio Gassman est extraordinaire tandis que Deneuve, dans un rôle très proche de celui de Tristana, est bouleversante.

Le Sexe qui Parle

Claude Mulot / Fce 1975 Vf 1h28 Num

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Joëlle est mariée à Eric mais un beau jour, l’équilibre du couple est mis en péril par le sexe de Joëlle. Celui-ci se met en effet à parler et n’hésite pas à faire preuve d’une vulgarité croissante. Pire, il prend le contrôle de Joëlle et la pousse à multiplier les partenaires… Ce film marie à merveille la pertinence du propos et le second degré. Mulot nous offre un regard intéressant sur la fin des années 60 et la libération sexuelle alors en vogue mais bien souvent mal acceptée.

Enfants-Monstres

Les Tueurs de l’Éclipse

Ed Hunt / Usa 1982 Vf 1h25 35mm

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Des chiards assassins, on en connaît quelques-uns dans le cinéma de genre (La Malédiction, Les Innocents, Beware), mais ceux-ci restent rares, surtout dans le cadre du slasher. Le cauchemar d’une petite ville de Californie, en proie aux instincts meurtriers des plus insoupçonnables de ses habitants : trois bambins, nés le même jour, lors d’une éclipse, et qui décident, pour fêter leur dixième anniversaire, de s’amuser un peu. Une série B totalement subversive.

Le Monstre est Vivant

Larry Cohen / Usa 1974 Vostf 1h27 35mm

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Le jour de son accouchement, Léonore ressent des douleurs atroces. Un heureux événement qui va se transformer en un cauchemar inattendu… Usa, début 70, la fracture entre la jeunesse et les adultes est importante et aggravée par la prolifération des drogues. Certains parents ont même l’impression d’avoir enfanter des monstres en raison de leurs comportements qu’ils ne comprennent pas.

Les Opprimés

Blacula, le Vampire Noir

William Crain / Usa 1972 Vostf Num

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En 1780, après avoir rendu visite au comte Dracula, Manuwalde, un prince africain, se transforme en vampire et vit enfermé dans un cercueil… En 1972, deux collectionneurs d’antiquités ramènent ce funeste objet à Los Angeles. Le mythe du vampire dans la communauté noire de Los Angeles dans une version groovy quasi-parodique délibérément kitsch et décalée. Le scénario peut se lire aussi comme une fable sur l’histoire afro-américaine : Blacula est vampirisé par le seigneur blanc esclavagiste Dracula.

La Femme de Seisaku

Yasuzo Masumura / Japon 1965 Vostf 1h33 35mm

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Okane veut échapper à sa misérable condition. Elle épouse un vieillard et lorsque celui-ci meurt elle devient la proie des critiques et des dénigrements de ses voisins. Suivant le parcours d’une jeune femme exclue de la société pour avoir été la maîtresse d’un vieil homme riche, Masumura signe à la fois un film social, une superbe histoire d’amour et un bouleversant plaidoyer pour la différence.

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HORAIRES

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Cycle Richard Fleischer et Otto Preminger

DU SAMEDI 26 AVRIL / DIMANCHE 4 MAI 2014

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Richard Fleischer

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Au seul nom de Richard Fleischer, le cinéphile avide de grand spectacle ne peut s’empêcher de penser aux nombreux grands films d’aventures magnifiquement mis en scène par ce cinéaste, un artiste pourtant réduit au statut de simple technicien par la majorité de la critique. 20.000 Lieues sous les mers (1954), Les Vikings (1958), Barrabas (1962) ou encore Le voyage fantastique (1966), autant de grandes oeuvres qui, pourtant, témoignent non seulement d’une maîtrise sans failles des outils techniques, mais souvent aussi d’une ingéniosité visuelle et d’une ampleur romanesque enthousiasmantes. Avec une inventivité égale, certains de ses films ont su retranscrire l’âpreté et la violence de notre société – Le temps de la colère (1956), L’étrangleur de Boston (1968), L’étrangleur de la Place Rellington (1971), Les flics ne dorment pas la nuit (1972) – voire de les pousser dans une direction extrême avec le célèbre film d’anticipation Soleil Vert (1973).

Fleischer fut certainement le premier qui sut le mieux utiliser le nouveau format Cinémascope (apparu en 1953) à des fins plastiques. Fils du grand animateur Max Fleischer (le créateur de Betty Boop et de Popeye) et ancien étudiant en médecine, le réalisateur avait des dispositions pour s’intéresser aux évolutions techniques de son mode d’expression.

Du Cinémascope jusqu’aux effets spéciaux révolutionnaires du Voyage Fantastique, en passant par l’usage du split screen dans L’étrangleur de Boston, à chaque fois l’outil est mis au service d’une efficacité dramatique et visuelle de tous les instants. Avant de signer à la Fox et de bénéficier ainsi de budgets plus élevés, Richard Fleischer travailla quelques années à la RKO où il fut engagé en 1942 pour diriger des courts métrages. Il y réalisa ensuite plusieurs petits thrillers tels que Armored Car Robbery (1950), dans lesquels il démontre toute son habileté. L’énigme du Chicago Express marque le sommet de cette période ainsi que la fin de ses années RKO.

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L’Énigme du Chicago Express

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Film Noir  Vostf / 1952 / 1h11 / 35mm

Menacée de mort par le milieu du crime parce qu’elle doit témoigner lors du procès du meurtre de son époux, la veuve d’un gangster a été mise sous la protection de la police. Deux agents fédéraux arrivent à Chicago pour l’escorter par le train jusqu’au tribunal de Los Angeles. Les choses tournent mal d’entrée, et seul l’un des deux agents, le détective Brown, parvient à l’emmener à la gare. Les voilà tous les deux embarqués pour une longue nuit dans ce train qui devient le terrain d’une traque sans relâche de la part des gangsters engagés pour la tuer.

L’énigme du Chicago Express fait partie de ces petits films de genre qui font assez peu parler d’eux mais qui se révèlent, après leur vision, comme des œuvres plutôt jouissives de par leur dynamisme et leur efficacité dépouillée de toute pesanteur intellectuelle. Un véritable film de série B qui emporte le spectateur par son rythme et son simple postulat de départ. Dans son prologue, avant que les personnages principaux montent dans le train, le film recourt aux codes visuels du film noir (milieu interlope, rues nocturnes, flics bourrus, éclairage expressionniste avec son noir et blanc contrasté qui découpe l’espace en zones claires et sombres). Une première scène d’action, où l’on découvre un tueur tapi dans l’ombre grâce aux perles tombées du collier cassé de la veuve sous protection, en est un parfait exemple. Mais le film de Fleischer s’avère être plutôt un thriller trépidant, le scénario et la mise en scène donnant en fait la priorité au mouvement et au rythme, bien plus qu’à une science de la composition plastique. D’autant que, fait rare, aucune musique ne vient scander les péripéties du scénario. C’est donc bien la réalisation, seule, qui donne le tempo au récit.

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Des Inconnus dans la Ville

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Polar Social  VOstf / 1955/ 1h30 / num.

Trois hommes entrent à Bradenville pour y commettre le braquage de la banque locale. Durant leur préparatifs, ils croisent différents membres de la cité qui révèlent leurs doutes, leurs faiblesses, leurs fautes… Tous se retrouveront unis le temps d’un samedi violent qui va transformer la ville et les hommes.

Il est facile de considérer Richard Fleischer comme un vulgaire yes-man, l’un des derniers réalisateur fonctionnant sur le mode du Hollywood classique, exécutant les films qu’on lui propose. Il est vrai qu’il n’a initié aucun des films qu’il a tournés. Il essaya pourtant, puisqu’il fut à l’origine de High Noon dont la direction lui échappa. Nous sommes d’ailleurs curieux d’imaginer ce que cela aurait pu donner s’il avait eu la place de Fred Zinneman. Pourtant, réduire Fleischer à un simple exécutant serait une erreur. Ses débuts à la RKO en sont la preuve. En quelques années, il s’impose comme un maitre du Film noir auquel il apporte un style novateur, brutal et violent, évitant toute forme de psychologie. Il offre alors au genre deux chefs-d’œuvre, Armored Car Robbery et The Narrow Margin, deux films qui lui ont été imposés par le studio mais auxquels il apporte incontestablement sa patte si particulière. Tout au long de sa carrière, il continuera de livrer au cinéma criminel des œuvres majeures, le faisant évoluer comme personne, et offrant notamment avec le superbe The New Centurions un des premiers polars modernes. Dans d’autres genres, Fleischer brillera toujours par ses qualités de narration hors normes et s’imposera facilement comme l’un des plus formidables réalisateurs de l’histoire hollywoodienne. Conteur exceptionnel, maitre du format large, génie du Film noir, Fleischer avait toute les armes pour faire de Violent Saturday une œuvre novatrice et majeure.

Une voiture entre dans une mine à ciel ouvert. Un ouvrier l’arrête, fait quelque signes de son drapeau rouge à l’un de ses collègues qui déclenche une explosion violente. Des lettres rouges apparaissent à l’écran : Violent Saturday. En quelques secondes, Richard Fleischer a donné le ton de son film et happé définitivement l’attention du spectateur qui restera soufflé par ce contraste brutal de normalité et de violence qui sera le ton de tout le film. La suite plante immédiatement le décor. Une petite ville encaissée dans des collines, symbole de l’enfermement de ses habitants, symbole aussi d’une ville-monde, unique décor du film qui représente donc à lui seul l’Amérique, ses rêves de réussites mais aussi l’envers de son décor, les failles de son modèle que va nous présenter le film.

Richard Fleischer avait déjà exprimé ses doutes quand au rêve américain. Dès son premier film, Child of Divorce, il en écornait le modèle dans un film au ton extrêmement pessimiste. Il développe cette vision dans Violent Saturday. En surface, les personnages qui nous sont présentés ont tout pour être heureux ; tout va pour le mieux à Bradenville, cité prospère, symbole de la réussite à l’américaine. Pourtant, au fur et à mesure de nos rencontre, chaque personnage révèle ses failles.

Sur un remarquable scénario de Sidney Boehm, déjà auteur de The Big Heat, autre fleuron du noir, Fleischer propose avec Violent Saturday un film noir incontournable, atypique et novateur. Ses remarquables qualités de metteur en scène en font une œuvre unique, par son ton et par sa forme, et surtout un spectacle passionnant et incontournable. Violent Saturday s’inscrit au sommet du cinéma criminel, il le dépasse également en apportant au genre une dimension supplémentaire par sa vision du modèle américain, par son esthétique remarquable, par sa mise en scène exceptionnelle. Fleischer nous offre tout simplement l’un des grands chefs-d’œuvre du cinéma américain. D’autres viendront au cours de sa magnifique carrière.

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Les Vikings

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Fresque historique  Vostf / 1958 / 1h56 / 35mm

Au cours d’un raid sur les côtes anglaises, Ragnar (Ernest Borgnine) viole la reine d’Angleterre. Cette dernière met au monde Eric (Tony Curtis) qu’elle abandonne aux mains des Vikings lors d’une autre attaque. Eric, est alors élevé comme un esclave, mais n’accepte pas cette situation. Devenu adulte, il affronte Einar (Kirk Douglas) fils de Ragnar et le défigure … Quelques mois plus tard, Morgana (Janet Leigh) future reine d’Angleterre est enlevée par les Vikings et tombe amoureuse d’Eric …

En 1955, Kirk Douglas crée Bryna Production. Il commence par produire The Indian Fighter (La rivière de nos amours), mais ce film ne connaît pas le succès escompté. Le futur interprète de Spartacus cherche alors un sujet populaire et s’intéresse au roman d’ Edison Marshall : The Vikings. Le projet tombe rapidement dans les mains de Richard Fleischer. Le réalisateur de 20 000 lieues sous les mers (déjà avec Douglas) y voit un matériau idéal pour exprimer son savoir faire. Il se lance alors avec passion dans cette aventure et démarre une étude minutieuse des mœurs Vikings. Aucun détail ne lui échappe : les costumes, les décors ou même le choix des chevaux sont totalement fidèles à la réalité historique. A ce soin du détail, Fleischer associe son sens inné du cadrage.

Utilisant pour la seconde fois le format « Technirama », il compose des plans d’une grande beauté picturale. Fleischer est également l’un des premiers cinéastes à donner tant d’importance à la profondeur de champ sur le format 2.35.

Mais ces aspects techniques ne suffisent pas à faire de ce film un succès et Bryna production doit offrir au public un casting de rêve. Kirk Douglas habitué à interpréter les premiers rôles s’empare du personnage de Einar. Sa présence, son physique d’athlète et son visage balafré en font un guerrier charismatique. Tony Curtis et sa jeune épouse Janet Leigh se joignent également à l’aventure. Cette dernière interprète une princesse pleine de caractère tandis que son compagnon joue Eric, le bâtard de Ragnar. Mais il faut bien avouer que Curtis détonne un peu dans le village Viking ! Son visage poupin et sa démarche élégante n’en font pas un sauvage bien convaincant… Douglas ne s’en souci guère et donne de la crédibilité à sa distribution en imposant Ernest Borgnine comme figure paternelle des hordes nordistes. Son rire tonitruant, son physique sauvage et sa joie de vivre qu’on devine naturelle en font un roi attachant et à l’allure authentique. Enfin, la voix off qui entame le récit, bien que n’étant pas créditée au générique, n’est autre que celle d’Orson Welles !

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Le Voyage Fantastique

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Science  Fiction  Vostf / 1966 / 1h40 / 35mm

Jan Benes, un scientifique éminent, détenteur de quelques secrets stratégiques de très haute importance, doit être exfiltré d’Europe de l’Est afin d’aider les Américains dans leurs recherches. Mais la mission, dirigée par l’agent de la CIA Grant tourne au désastre lors d’un assaut ennemi et le savant se retrouve grièvement blessé au cerveau. Le temps joue contre lui, et seule une opération chirurgicale urgente et d’une extrême précision peut lui sauver la vie. L’ordre est donné de procéder à cette intervention en utilisant une technologie ultrasecrète et révolutionnaire de miniaturisation, qui consiste à injecter dans le corps du malade plusieurs membres d’une expédition scientifique réduits à la taille de microbes.

Dans les années 60, alors que les films de science-fiction connaissent un essoufflement créatif (juste avant que Stanley Kubrick ne révolutionne et revivifie le genre avec 2001), d’autres territoires d’exploration intéressent les studios et les férus d’aventures fabuleuses. C’est à cette époque que la 20th Century Fox se lance dans un pari artistique et technologique plutôt original en faisant du corps humain un espace de tous les possibles et un terrain propice aux élucubrations les plus fantastiques. Encore aujourd’hui, à notre ère du tout-numérique aux frontières toujours plus incertaines, un film tel que ce Voyage fantastique fascine toujours. Car cette production à grand spectacle située dans un univers microscopique alors inédit, au-delà de ses prouesses techniques propres à cette décennie, est guidée par un esprit à la fois naïf et audacieux dans la lignée des œuvres signés par Jules Verne ou H.G. Wells.

Bien sûr, l’argument scénaristique dans Fantastic Voyage est à oublier assez vite puisqu’il ne sert que de prétexte au déclenchement de cette odyssée sous-marine d’un genre nouveau. Ce sont les paysages à la fois oniriques et en quête de réalisme qui retiennent notre attention. Pour diriger cette entreprise tant farfelue que proprement extraordinaire, le studio a misé sur l’un des cinéastes les plus concernés à la fois par les défis technologiques et par l’aventure humaine dans ce qu’elle a de plus noble. Richard Fleischer, grand maître du Cinémascope et réalisateur brillant des formidables 20 000 lieues sous les mers et Vikings, se révèle l’homme de la situation. Les plans et la scénographie qu’il compose, avec l’aide d’une direction artistique ambitieuse, sont d’une beauté fulgurante et parviennent à sublimer ces « paysages anatomiques » alors méconnus des spectateurs. Et sans jamais se départir de cet esprit de découverte propre aux grands explorateurs, Fleischer prend son temps et donne au récit – sur un plan visuel – un rythme lent et presque solennel en phase avec le jeu empreint de gravité des comédiens. A côté d’acteurs sûrs et confirmés comme Stephen Boyd, Donald Pleasence ou Edmond O’Brien, la Fox essaie de capitaliser sur Raquel Welch, brune brûlante et plantureuse, enserrée dans sa combinaison moulante, qui pose devant la caméra de Fleischer la première pierre d’une carrière de sex-symbol. Si son talent de comédienne reste encore à prouver, Welch possède en revanche de nombreux atouts pour flatter le regard. Avant d’affronter des dinosaures dans le kitschissime Un million d’années avant J.C., la voici qui se bat contre des anticorps et des microorganismes tous plus mortels les uns que les autres.

Un autre élément pourrait également expliquer l’investissement du cinéaste dans ce projet. Fleischer, fasciné par l’observation clinique du mal et ses manifestations les plus sombres et souterraines (cf. Le Génie du mal, L’Etrangleur de Boston ou L’Etrangleur de la Place Rillington), a ici la possibilité de s’aventurer dans l’intimité la plus profonde du corps humain et de conférer à ses réactions naturelles la sensation d’un danger permanent.

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L’Étrangleur de Boston

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Serial Killer  vostf / 1966 / 1h56 / 35mm

Inspiré d’un fait-divers réel survenu au début des années 1960, L’Étrangleur de Boston évoque aussi bien quelques-uns des crimes (atroces) commis par Albert DeSalvo (Tony Curtis) que la minutieuse enquête menée par le juriste John S. Bottomly (Henry Fonda) et la police de Boston pour mettre hors d’état de nuire ce terrifiant violeur et assassin.

L’Étrangleur de Boston… ou bien encore Les Mille Yeux de Richard Fleischer. Tel pourrait être le sous-titre d’un film à la réalisation obsessionnellement vouée à la (dé)multiplication des images. Il s’agit là d’une extraordinaire entreprise formelle dont le split-screen constitue la signature visuelle. Les polyptiques cinématographiques composés par Richard Fleischer s’affirment aussi bien comme de redoutables accélérateurs narratifs que comme de puissants révélateurs de la noire vision de la condition humaine affirmée par L’Étrangleur de Boston. Car avant de se ranger, in fine, parmi les constats cinématographiques les plus saisissants de la banalité du mal, ce film s’impose d’abord à son spectateur en tant que thriller à la redoutable force d’impact. Et le split-screen constitue le rouage essentiel de cette implacable machine filmique à distiller l’effroi.

En envisageant le cas DeSalvo sous la forme d’une inépuisable quête panoptique, fouillant sans relâche les recoins les plus obscurs de la psyché de ses personnages, Richard Fleischer transforme donc l’attendue chronique d’un fait-divers en une vertigineuse réflexion sur la nature humaine. Et L’Étrangleur de Boston se classe de la sorte parmi ces rares et indispensables films criminels contraignant son spectateur à plonger son regard au plus profond du plus sombre des abîmes…

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Soleil Vert

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Dystopie  vostf / 1973 / 1h37 / 35mm

En 2022, la pollution a complètement ravagé la planète, annihilant de ce fait toutes ressources naturelles et animales. Pour pallier la famine généralisée d’une population qui a explosé, le gouvernement américain distribue un produit alimentaire synthétique. À New York, l’enquête de l’agent Robert Thorn (Charlton Heston) sur la mort d’un dirigeant de la firme productrice de cet aliment va mettre à jour le terrible secret autour de sa fabrication.

Classique de la science fiction des années 70, Soleil Vert fait partie de ce courant de films d’anticipation alarmistes que l’époque produisait alors avec talent et régularité : Fahreneheit 451 de François Truffaut, New-Yorik ne Répond Plus de Robert Clouse, Silent Running de Douglas Trumbull ou encore Rollerball de Norman Jewison. Revoir à notre époque Soleil Vert propose un double constat : si la description du (rétro) futur n’est plus très pertinente dans le détail (les vêtements et le mobilier très 70′, le jeu vidéo préhistorique aperçu au détour d’un plan), le message du film est malheureusement toujours d’actualité.

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Otto Preminger

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Laura

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Chef d’œuvre  vostf / 1944 / 1h37 / num.

Mais qui a bien pu tuer Laura Hunt (Gene Tierney), femme brillante à la beauté resplendissante? C’est ce que cherche à découvrir le lieutenant McPherson (Dana Andrews) qui mène son enquête suivi des deux principaux suspects : le journaliste Waldo Lydecker (Clifton Webb) qui a lancé la carrière de Laura dans la publicité, et l’héritier désargenté Shelby Carpenter (Vincent Price), fiancé à la jeune femme. Sous le charme du portrait de la défunte, Mark McPherson ne tarde pas à compléter ce triangle amoureux…

Laura est une pièce maîtresse dans l’œuvre d’Otto Preminger, non seulement parce que le film lance pour de bon sa carrière à Hollywood, mais aussi parce que le cinéaste réutilisera à plusieurs reprises le leitmotiv du crime passionnel, au point que Fallen Angel sorti en 1945 soit traduit en français par… Crime Passionnel. Par son dispositif narratif innovant et la représentation de la femme qu’elle véhicule, Laura est une pierre angulaire du film noir. La manipulation des points de vue, l’onirisme et les nombreux coups de théâtre s’accompagnent d’une mise en scène dont toute l’intelligence se manifeste dès le plan-séquence introductif. Mais l’influence de Laura dépasse le simple cadre du film noir. On en retrouve de nombreux motifs dans la filmographie de Joseph L. Mankiewicz par exemple : l’utilisation du portrait dans L’Aventure de Mme Muir, la manière de dépeindre la femme dans Eve et La Comtesse aux pieds nus, sans compter le personnage de Waldo Lydecker qui préfigure celui d’Andrew Wyke dans Le Limier. À plus d’un titre, Laura est une œuvre séminale dans le cinéma américain, car Otto Preminger a su dépasser les modèles dont il s’est inspiré pour réaliser un film d’une puissante modernité.

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Ambre

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Biopic historique  vostf / 1950 / 1h35 / 35mm

Angleterre, 1644. Le pays traverse un désordre politique considérable, le parlement et Cromwell s’insurgent contre Charles 1er. Un bébé, dont le linge dans lequel il est enrobé porte le nom de Ambre, est déposé chez un couple de paysans du Comté d’Essex. En 1660, Cromwell est mort et la royauté est rétablie en la personne de Charles II. Ambre a grandi et ses parents adoptifs la destinent à un mariage auquel elle ne veut pas se résigner. Elle souhaite une autre vie, plus palpitante, à la ville, lieu de tous les raffinements. Une nuit, un détachement des soldats du Roi, avec à leur tête le baron Bruce Carlton, vient demander aux parents d’Ambre la direction de l’auberge la plus proche. L’occasion est inespérée pour elle qui tente par tous les moyens de les persuader de l’emmener avec eux.

Les héroïnes de Preminger ont souvent quelque chose d’antipathique, une forme d’égoïsme forcené qui les mène à modeler sans vergogne le monde selon leurs désirs. Mais derrière le caractère capricieux se dévoile peu à peu une énergie de la survie, piquée au vif par une loi cruelle des rapports humains : si les héroïnes premingeriennes trahissent ceux qui les aiment, à leur tour elles sont toujours trahies par ceux qu’elles aiment. Le récit d’une ambition devient alors celui d’une solitude. Dans le film, un homme dit d’Ambre : “Elle aime ses ambitions, c’est tout” ; un autre lui répond : “Rien ne vous émeut donc chez elle ?” Preminger aime-t-il ses héroïnes ? Trop souverain pour que l’affection ait son mot à dire, il n’a pas de compassion pour ses réprouvées mais il les regarde avec une lucidité qui devient bouleversante – à la fin, quand l’héroïne reste seule après une dernière trahison, l’étendue de sa solitude nous prend à la gorge.

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Mark Dixon Détective

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Polar Noir  vostf / 1950 / 1h35 / 35mm

Mark Dixon est détective à New York. Réputé pour sa violence envers les criminels, il mène une enquête sur le meurtre d’un riche Texan poignardé après avoir gagné 19 000 dollars dans une salle de jeux. Au cours de son investigation, Dixon interroge le suspect principal, Ken Payne. Le truand l’agresse et, pendant la bagarre, reçoit un coup de poing meurtrier… Désemparé devant cette situation, Dixon décide de faire disparaître le corps. Un chauffeur de taxi est alors soupçonné, mais Dixon tombe fou amoureux de sa fille, la superbe Morgan Taylor…

En 1950, après trois réalisations pour le compte de la 20th Century Fox (Laura, Whirlpool et Fallen Angel), Otto Preminger réalise son dernier film noir pour le studio avec Mark Dixon, Detective (Where the sidewalk ends). Le scénario, adapté d’un roman de William Stuart (Night Cry), est signé par un mystérieux Rex Connor. Derrière ce pseudo se cache Ben Hecht, l’un des plus talentueux et plus prolifiques scénaristes de la cité des anges. Preminger, également producteur du métrage, s’entoure des meilleurs techniciens, parmi lesquels le célèbre directeur photo Joseph La Shelle. Enfin, la distribution n’est pas en reste puisque l’on retrouve au générique le couple vedette de Laura : Dana Andrews et la subliiiiime Gene Tierney.

Mark Dixon est-il un « film noir » comme semble le penser François Guérif ou plus simplement un polar tel que Carlotta le désigne sur le boitier du DVD ? Au fond peu importe, car il s’agit ici d’un chef d’œuvre, tout simplement ! Et s’il devait être cantonné à un genre, ce serait le « Preminger style » : une réalisation où chaque détail compte et où l’élégance se cache derrière la froideur du style. N’hésitez donc pas, ce quatrième film américain de Preminger est une petite perle, ou plutôt un diamant pour reprendre l’expression de Jacques Lourcelles, un diamant noir et à multiples facettes…

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L’Homme au Bras d’Or

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Drame social  vostf / 1955 / 1h59 / 35mm

Frankie Machine (Frank Sinatra) revient de l’hôpital de Lexington où il a passé six mois en cure de désintoxication. Il retrouve son quartier et ses amis, dont Sparrow, heureux de constater qu’il ne se drogue plus. Dès son arrivée, il tente d’échapper à sa dépendance à l’aide de ses proches et en jouant de la batterie. Mais la folie de sa femme, la détermination des dealers et son passé de joueur le rattrapent inexorablement. Au cœur de ce maelström de mensonges et de violence, la jeune Molly (Kim Novak) apporte une note d’espérance dans le quotidien de Frankie. Tiraillé entre sa dépendance aux narcotiques et son amour pour cette fille courageuse, son avenir n’en devient que plus incertain…

Réalisé en 1955, ce film est l’archétype de l’œuvre Preminger. Il met en exergue le courage du réalisateur et impose un style bâti autour d’une virtuosité visuelle et d’une direction d’acteurs parfaite. Il sait qu’il tient là une histoire hautement originale puisque, jusqu’à ce jour, aucun artiste ne s’est risqué sur la thématique difficile de la dépendance aux narcotiques. Totalement investi par ce nouveau projet, Preminger s’entoure des scénaristes Walter Newman et Lewis Meltzer afin d’adapter la nouvelle. Il leur impose sa vision réaliste de l’œuvre et, peu importe la censure, il faut rédiger un script permettant au public de prendre conscience du problème de la drogue aux USA. Après quelques semaines, le travail est achevé, Preminger en est satisfait et soumet son texte à la Motion Picture Association (MPA). Cet organisme habilité à donner des visas d’exploitation en salle est régi par le tristement célèbre code Hays. Fils d’un procureur autrichien et diplômé de droit, le cinéaste connaît la loi et s’appuie sur la constitution américaine, notamment la liberté d’expression. Le bras de fer s’engage, la MPA intransigeante et Preminger idéaliste ne cèdent rien. Finalement, le metteur en scène viennois se tourne vers son studio et le convainc de financer ce projet unique. Les pontes de la United Artist acceptent le script et incitent les salles à exploiter le film sans visa. Pour arriver à cette décision historique, ils leurs tiennent le discours rabâché par Preminger : « The man with the golden arm est unique et tabou, le public curieux et fatigué par tant de censure va se précipiter dans les salles pour découvrir ce pamphlet libertaire ».

Ne serait-ce que sur ce point, The man with the golden arm restera un évènement majeur de l’histoire du septième art. Mais, l’amour des cinéphiles pour ce film va beaucoup plus loin et il est nécessaire de revenir à sa genèse afin de mettre en relief la créativité et la virtuosité de son réalisateur.

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Bonjour Tristesse

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Adaptation F. Sagan  vostf / 1958 / 1h34 / 35mm

Cécile, 18 ans, vit à Paris avec son père Raymond, un richissime et séduisant veuf quadragénaire, qui ne lui impose aucune contrainte, même pas celle de ses études. À l’exemple de son père, la vie de Cécile ne semble être que futilités : suites de sorties en boîtes avec flirts successifs. C’est parce que quelque chose s’est brisé en elle durant leurs dernières vacances sur la Côte d’Azur. Depuis lors, Cécile connaît la tristesse et elle se souvient…

C’est un des plus beaux titres au monde, clarté et réserve côte à côte. Il a été choisi par Françoise Sagan, une jeune fille écrivaine au regard en dessous, pour un roman écrit si tôt qu’il en éblouît toute l’époque. Comment imaginer la rencontre entre la petite Française et Otto Preminger, le cinéaste américain au visage de brute et au toucher de velours, colosse faussement prussien et amateur de fresques ambitieuses (Exodus, Carmen Jones, Le Cardinal) ?

La monstruosité juvénile, au cœur de la carrière de Françoise Sagan, marquée par la précocité contre-nature du talent, est un motif premingerien : souvenez-vous six ans auparavant de la frêle Jean Simmons dans Angel Face (Un si doux visage), assise derrière son piano, jouant distraitement et fomentant d’obscurs crimes derrière son grand front de rêveuse. “L’angel face” du film, ici, c’est Jean Seberg. Découverte par Otto Preminger pour son Sainte Jeanne, qui fixa à tout jamais sa coupe monacale toute courte, on la voit faire, dans ses essais, une apparition encore pleine de gaieté : “Hello, je m’appelle Jean Seberg et je veux absolument faire du cinéma.” Si filmer une jeune fille, c’est filmer la perte de sa gaieté, alors Otto Preminger est l’homme de la situation.

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Tempête à Washington

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Étude de Mœurs Politique  vostf / 1962 / 2h19 / 35mm

Le petit monde politique de Washington apprend avec stupeur que le président des Etats-Unis, dont la santé est précaire, entend nommer Robert Leffingwell au poste de secrétaire d’Etat. Le sénateur Bob Munson rappelle immédiatement au Président que Leffingwell compte beaucoup d’ennemis au Congrès et n’en manque pas au sein de son propre parti. Le Président maintient fermement sa position. Deux sénateurs s’y opposent tout particulièrement : l’extrémiste Van Ackerman et le retors Seabright Cooley. Lors de l’enquête préliminaire, un certain Herbert Gelman révèle que Leffingwell a été communiste dans sa jeunesse…
En savoir plus sur http://www.telerama.fr/cinema/films/tempete-a-washington,23813.php#ys9uJ98AvBTJX2SU.99

Le président des États-Unis vient de choisir son nouveau secrétaire d’État aux Affaires étrangères: Robert Leffingwell. Avant d’être entériné par le Sénat, ce choix doit être examiné en commission d’enquête. Les ennemis de Leffingwell en profitent pour le discréditer. Un témoin inconnu vient révéler que le futur secrétaire d’État a autrefois appartenu à une cellule communiste.

Chose peu commune au cinéma hollywoodien, Advise and Consent (nom original du film) surprend au premier abord par sa densité scénaristique. Malgré la présence de vedettes comme Charles Laughton et Henry Fonda, la percée individuelle se dilue à travers la vision globale du cinéaste, propre à la description mécanique de ce système, qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler The Social Network de David Fincher. Rien n’est ni blanc, ni noir dans le monde cloisonné de Preminger. C’est plutôt une masse grisonnante de perfection sur laquelle Preminger ne cesse d’actualiser jusqu’au moment où il trouve l’image hors connexion. Et cela vaut autant pour le candidat au poste de Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères capable de s’asseoir sur des convictions idéalistes, dans l’optique d’accéder au pouvoir avec l’image la plus nette qui soit, que pour le sénateur Brigham prêt à mettre fin à ses jours pour éviter qu’on découvre son homosexualité refoulée. Si bien qu’il est difficile de cacher son angoisse devant ces hommes politiques repoussant l’imperfection comme s’ils avaient affaire à leur pire ennemi. Et ceci, quelques années après avoir combattu en Europe la perfection, soit le fascisme.

Là où la majeure partie du cinéma hollywoodien fait appel à des artifices pour nous effrayer, Preminger tout comme Fritz Lang sur Les Bourreaux meurent aussi, analyse froidement et cliniquement la société telle qu’elle est, c’est à dire créatrice de victimes : Brigham et le candidat subissent le puritanisme ambiant. À cet égard, la distance imposée entre le réalisateur et son sujet laisse penser à croire que Preminger côtoie un fascisme opaque, qu’il ne condamne pas, par peur de se condamner lui-même. Sa place est celle d’un observateur attentif, et toujours à l’affut du moindre écart.

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Horaires

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Tarifs :

Séance 5 €

Pass 10 films 35 €

Le petit monde politique de Washington apprend avec stupeur que le président des Etats-Unis, dont la santé est précaire, entend nommer Robert Leffingwell au poste de secrétaire d’Etat. Le sénateur Bob Munson rappelle immédiatement au Président que Leffingwell compte beaucoup d’ennemis au Congrès et n’en manque pas au sein de son propre parti. Le Président maintient fermement sa position. Deux sénateurs s’y opposent tout particulièrement : l’extrémiste Van Ackerman et le retors Seabright Cooley. Lors de l’enquête préliminaire, un certain Herbert Gelman révèle que Leffingwell a été communiste dans sa jeunesse…
En savoir plus sur http://www.telerama.fr/cinema/films/tempete-a-washington,23813.php#ys9uJ98AvBTJX2SU.99
Le petit monde politique de Washington apprend avec stupeur que le président des Etats-Unis, dont la santé est précaire, entend nommer Robert Leffingwell au poste de secrétaire d’Etat. Le sénateur Bob Munson rappelle immédiatement au Président que Leffingwell compte beaucoup d’ennemis au Congrès et n’en manque pas au sein de son propre parti. Le Président maintient fermement sa position. Deux sénateurs s’y opposent tout particulièrement : l’extrémiste Van Ackerman et le retors Seabright Cooley. Lors de l’enquête préliminaire, un certain Herbert Gelman révèle que Leffingwell a été communiste dans sa jeunesse…
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Rétrospective Pier Paolo Pasolini / Roger Corman

PIER PAOLO PASOLINI

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Accatone

1961 vostf 1h55 35mm

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Dans la banlieue romaine, Vittorio «Accatone» Cataldi, un petit souteneur, perd son gagne-pain quand Maddalena est arrêtée par la police. Il entreprend alors de séduire la pure et naïve Stella avant de l’envoyer sur le trottoir.
Accattone fait immédiatement de Pasolini un cinéaste honni : menaces d’interdiction et manifestations accompagnent sa sortie. Les images sont âpres, et la violence monte par vagues, par défis successifs. Pour se prouver qu’il existe, Accattone le marginal affronterait la terre entière, en espérant étouffer l’angoisse du mal qui le ronge.

Mamma Roma

1962 vostf 1h46 35mm

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Mamma Roma abandonne la prostitution pour devenir marchande des quatre-saisons. Elle retrouve son fils de 16 ans, qu’elle avait jusque-là fait élever à la campagne. Elle mise beaucoup sur son avenir, qu’elle souhaite bourgeois. Mais Ettore se met à fréquenter des voyous…
Putain au grand coeur, pythie rageuse, Mamma Roma est aussi une mère possessive, qui précipite involontairement le malheur de son fils en lui cachant la vérité, en refusant son mariage, en croyant de manière aveugle à un salut. Trajectoire aux accents

Œdipe Roi

1967 Vostf 1h44 35mm

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L’oracle révèle à Oedipe son tragique destin : il doit tuer son père et épouser sa mère. Pour fuir ces prédictions, Oedipe décide de ne pas retourner dans la ville où il est né et prend la route de Béotie.
Œdipe Roi est  l’occasion pour Pasolini de s’interroger sur la liberté de l’homme face à sa destinée. Se crevant les yeux, Oedipe devient un martyr comme le deviendra Pasolini en 1975, assassiné après la sortie de son film ultime, Salo ou les 120 Journées de Sodome, revers de la Trilogie de la Vie qui le précédait. Il s’agit d’une oeuvre charnière pour mieux comprendre la personnalité profondément complexe et ambiguë de ce cinéaste.

Théorème

1968 Vostf 1h45 35mm

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Un jeune inconnu fait irruption dans la vie d’une famille très bourgeoise résidant à Milan. Tous, à leur manière, sont fascinés par la beauté et le mystère qui se dégage de ce visiteur. La bonne, le fils, le maître de maison, son épouse et sa fille succombent tour à tour à son charme.
A la sortie du film, en 1968, Pasolini révéla la véritable identité du héros, Dieu. Sa question est simple et douloureuse : comment l’homme peut-il créer après l’oeuvre grandiose de Dieu ? Cette parabole éblouissante s’appelle Théorème.

La Trilogie de la Vie :

– Le Decameron

1971 vostf 1h52 35mm

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– Les Contes de Canterbury

1972 vostf 1h49 35mm

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– Les Milles et une Nuits

1974 vostf 2h10 35mm

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Dans la “trilogie de la vie”, Pasolini livrait sa lecture de grands récits fondateurs italiens (Le Décaméron), anglais (Les Contes de Canterbury) et orientaux (Les Mille et Une Nuits).
Filmées selon son instinct d’autodidacte du cinéma, sans souci de grand style solennel, ces trois collections de courts épisodes se caractérisent avant tout par leur éclatante vitalité, voire leur paillardise, odes vibrantes au désir et au sexe vus comme le sang indispensable de la vie. Pasolini recherchait peut-être dans ces fictions anciennes une authentique présence du peuple avant que celui-ci ne soit snobé par les nouveaux cercles de pouvoir, ignoré par le devenir marchand du monde et par sa production d’images.

Salo ou les 120 journées de Sodome

1975 vostf 1h57 Num

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En 1943, dans la république fasciste fantoche de Salò, quatre riches notables enlèvent neuf jeunes garçons et neuf jeunes filles de la région pour les emprisonner dans un somptueux palais. Dans ce décor luxueux, les adolescents seront soumis aux plaisirs de leurs geôliers, à leur jouissance sadique de pouvoir exercer une domination totale sur ces jeunes corps, de décider de leurs souffrances, de leur survie ou de leur mort…

« Essayer de traduire par écrit les ecchymoses au cœur et au cerveau produites par Salo paraît aussi dangereux que traduire en photogrammes, comme l’a fait Pasolini, l’œuvre écrite de Sade, les Cent vingt journées de Sodome. A la limite, la seule forme possible de « critique » – jamais mot n’a été aussi stupide – serait celle qui filmerait les visages des spectateurs à la sortie du film lui-même : des rictus, la cigarette salvatrice qui évite le commentaire lapidaire, les expressions d’horreur, de dégoût, les gouttelettes de sueur au front, l’envie de vomir. Dans tous les cas, un traumatisme, des milliers de fêlures qui s’enchevêtrent dans la tête, avec l’impossibilité de dire CE qui est touché, pourquoi, et par quoi ».
Robert Maggiori, 22/06/1976

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ROGER CORMAN

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Roger Corman est considéré comme l’un des papes de la série B, voire Z, américaine, et a réalisé plus d’une cinquantaine de films à budget très limité dans tous les genres imaginables. On lui doit notamment le très culte La Petite Boutique des Horreurs, l’amusant L’attaque des Crabes Géants ou l’étonnant polar Mitraillette Kelly, avec Charles Bronson. C’est aussi un producteur boulimique qui a révélé les talents, excusez du peu, de Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, Jonathan Demme, Monte Hellman, Jonathan Kaplan, George Lucas ou encore Joe Dante.

Mitraillette Kelly

1958 vostf 1h20 35mm

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S’attelant ici au film policier teinté de noir, Roger Corman, pour son couple vedette, nous a chopé deux belles gueules du cinéma: Susan Cabot (« Kiss of Death » et « La Femme guêpe ») et Charles Bronson. Tête à tête détonnant et relations dominant-dominé sont au rendez-vous, s’égrenant sur la pellicule « pa pa poum! » à la manière d’une poignée de billets verts tombés du ciel. « D’ailleurs, Kelly, c’est c’qu’il braque, le mec, des banques à billets verts! ». Oui, Kelly est le gangster qu’il est à cause et pour les beaux yeux de sa femme -Florence-, tandis qu’elle, à son opposé, est la vicieuse féline se plaisant à le manipuler copieusement, réalisant de part ce fait son fantasme d’être l' »épouse d’un hors-la-loi ». Le « vice par amour » est donc coiffé par un Charles Bronson parfait: raté sans grande personnalité, se payant la une des journaux en tant qu’ Ennemi Public Numéro Un, il décrédibilise ainsi le personnage du Gangster traditionnel, donnant alors tout son éclat au film.

The Intruder

1962 vostf 1h24 num.

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Membre d’une organisation d’extrême droite, Adam Cramer part propager ses idées réactionnaires dans une petite ville du Sud Ouest des USA…
Pierre angulaire de l’œuvre de Corman, The intruder est un film à découvrir absolument, ne serait-ce que pour la puissance implacable de sa démonstration. Par ailleurs, William Shatner dans le rôle ingrat de Cramer y démontre de solides capacités d’acteur. En tout cas, ce film fait taire les personnes qui pensent que Corman n’a réalisé que des oeuvrettes de série B ou Z. Pamphlet politico-social d’une rare acuité, The Intruder est assurément l’un des tous meilleurs films de Corman, à ranger avec Mitraillette Kelly ou Bloody Mama au rang des chefs d’œuvre incontestables de son auteur.

L’Enterré Vivant

1962 vostf 1h21 35mm

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Guy Carrell est un médecin obsédé par l’idée d’être enterré vivant comme le fut jadis son paternel.  Après avoir repoussé la date de son mariage avec Emilie Gault, il finit par capituler Le voilà un époux apparemment combler. Mais très vite sa névrose et paranoïa reprenant le dessus.
A l’écriture, on retrouve Charles Beaumont, scénariste proche de Richard Matheson, qui a notamment travaillé comme son illustre collègue sur La Quatrième Dimension ;son univers tendant au fantastique sied particulièrement à ces pièces claustrophobiques et hantées dont Corman s’est fait le spécialiste. Il réussit un film d’une profondeur rare sur une angoisse existentielle universelle, transformant en geste artistique ses limitations budgétaire, pour un résultat ténébreux et grave.

La Tombe de Ligéa

1964 Vostf 1h21 35mm

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Dans le petit cimetière d’une abbaye partiellement en ruines, Verden Fell enterre sa femme bien-aimée, Ligeia. Un peu plus tard, il fait la rencontre de Lady Rowena et l’épouse. Un étrange chat noir semble vouloir se mettre entre eux…
Parmi les huit films de Roger Corman adaptés (ou inspirés) d’Edgar Allan Poe, La Tombe de Ligeia est le dernier ; il est souvent considéré comme le meilleur d’entre eux. Dans la filmographie de Corman, assez inégale, il figure en tous cas parmi les plus soignés et les plus réussis. Et comme d’habitude, dans le rôle principal, ici tourmenté par le poids et l’omniprésence du passé, nous retrouvons l’incontournable Vincent Price.

Bloody Mama

1970 vostf 1h30 35mm

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Aux Etats-Unis, dans les années 30. Kate Barker – «Mama» – vit modestement avec ses quatre fils, Herman, Lloyd, Arthur et Fred. La pauvreté, chaque jour plus oppressante, conduit Kate à haïr la société et à transmettre son dégoût à ses enfants. Ceux-ci, en manque cruel de repères, se livrent aux pires horreurs …
Sacré film : la Dépression qui arrive aux E.-U., l’easy money qui hante la mentalité en même temps des Américains, une gamine violée qui enfantera plus tard des « vengeurs » – première séquence du film- et quels vengeurs !
En développant une fascination morbide pour ces anti-héros, que le spectateur suit de cloaque en cloaque et de mauvais coup en mauvais coup, sans la moindre possibilité d’échappatoire ou de rémission, Corman anticipe le nihilisme des films des années qui suivront ; on pense par exemple beaucoup à La dernière maison sur la gauche de Wes Craven (1972). Ce nihilisme et cette misanthropie latente – directement hérités des Honeymoon killers de Kastle – sont d’ailleurs encore renforcés par la vision qu’a Corman de ses contemporains, tels que ces badauds qui se réunissent pour pique-niquer devant la maison où est en train de se dérouler une fusillade mortelle entre la police et la famille Barker… Un humour très noir au service d’un film fascinant, qui traverse les décennies avec une aisance confondante.

Les Guerriers de l’An 2000 (ou 3000)

1978 vf 1h22 35mm

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En l’an 2000 ou 3000, parmi les rescapés du cataclysme qui a dévasté la terre, une lutte sans merci est engagée. D’un côté, figurent les  » Guides « , cavaliers écologiques qui sillonnent une nature ingrate ; de l’autre, les  » Enarques « , dont le système politique de domination est étayé par la maîtrise des machines. Les épées de cristal des Guides contre les  » néantisseurs « , lasers désintégrateurs des Enarques !
Deathsport est un pur film d’exploitation, sans originalité aucune, utilisant Carradine, des gros engins de morts et des jolies amazones comme argument de vente. Tout-à-fait la philosophie de Roger Corman ; sans toutefois oublier l’aspect « resucée » d’un succès du box office. Ici, c’est dans la nuque de Star Wars que la production a enfoncée ses longues dents affûtées.  Les bruitages utilisés sont les même que ceux du film de George Lucas! Les motos font le bruit des Tie Fighters, les désintégrateurs produisent le même son que les pistolets lasers des Storm Troopers…

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